Nicolas de Staël, Nu debout


Nicolas de Staël (1914-1955)

Nicolas de Staël (1914-1955)
Nu debout, 1953
Estimation : 4 000 000-5 000 000 €

Nu debout de Nicolas de Staël : l’un de ses plus célèbres tableaux, parce qu’il est l’un des plus beaux. Daté de 1953, il appartient à la période qui fait suite à son retour à la figuration avec la suite des Footballeurs, au moment où il atteint la plénitude de son art. Débarrassé de l’abstraction, mais n’oubliant rien de ses acquis, ayant retrouvé le sujet, mais ne s’encombrant pas d’anecdote, il aborde à nouveau les grands thèmes de façon magistrale, privilégiant la simplification des formes et le raccourcissement de l’espace, exaltant la couleur, renchérissant sur le faire. A quoi s’ajoute souvent le format, ici pour cette magistrale figure de nu, une hauteur de 1, 56 m pour 89 cm de large. Le motif est vu debout, de face, les jambes légèrement écartées. Le bras gauche levé est disposé à l’horizontale devant la poitrine, alors que l’autre membre, non véritablement indiqué, se dissout dans la fulgurance d’une tache colorée disposée en oblique qui se termine au niveau du pubis en un éclat de feu. Cette tache rouge est la seule vraie couleur de l’ensemble, entièrement traité dans une gamme de gris, d’ocres et de terres plus ou moins foncées. La composition repose sur la verticale très affirmée du motif du nu, tandis que le fond est structuré en damier qui donne à l’ensemble son assise. Les différents éléments de la composition, tous situés dans le plan, sont pensés par blocs. La facture comme à l’accoutumée à cette période chez de Staël, joue un rôle primordial dans la construction de l’ouvrage, traitée par couches superposées, maçonnée au couteau, travaillée dans ses épaisseurs et laissant apparaître dans les interstices toute la richesse de sa substance. Le thème du nu a plusieurs fois rencontré l’intérêt de l’artiste à partir de 1953, dans ses représentations inspirées des Indes galantes, dans ce tableau et celui représentant un nu couché, daté de 1954 (vendu aux enchères par Artcurial en décembre 2011) et jusqu’à la fin avec le Nu couché bleu peint en 1955, bien caractéristique de sa dernière période, plus fluide. Partout reproduit et de nombreuses fois exposé, ce tableau avec son hiératisme et son absence de tout sentiment, mais avec la puissance de sa frontalité se présente comme l’une des figures les plus emblématiques de la peinture occidentale de cette époque.

Vente le 3 juin 2013 à 20 heures


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