Deux sculptures de Julio Gonzàles (1876 - 1942)


Un relief de Julio González, l’un des plus grands sculpteurs de la première moitié du XXe siècle, catalan, ami de Picasso, l’un des inventeurs de la sculpture en fer, auteur de Tête dite Le Tunnel (vers 1934), l’un de ses chefs d’oeuvre bouleversant de force et d’invention, mais aussi de la sculpture réaliste La Montserrat, installée au Pavillon de la République espagnole à l’Exposition internationale de 1937 à Paris aux côtés de Guernica et de la Fontaine de mercure de Calder.

Julio Gonzales, Le poete

Julio Gonzalez, Le poete

Profondément marqué par Puvis de Chavannes, proche de Maillol, Julio González commence à travailler le métal à la fin des années 20. Ses premières œuvres en fer forgé et soudé sont exécutées au contact de Picasso : L’Arlequin, de 1929 est une sculpture en ronde bosse encore dans l’esprit cubiste. Dans le même temps, González s’intéresse au masque, à la forme du masque et à la tête, propice à la décomposition et à la construction, comme Archipenko, Pevsner et Gabo, Laurens et Lipchitz, comme Gargallo aussi. González a recours à la plaque de métal qu’il découpe et dont il superpose les feuilles. C’est ce que montre l’œuvre Pilar au soleil de 1929 (Paris, Centre Pompidou- Musée national d’art moderne), où l’artiste joue des pleins et des vides tout en travaillant avec des aplats. Entre le premier plan et le deuxième qui est aussi le fond s’installent les ombres.

L’œuvre intitulée Masque dit Le Poète de 1929 appartient à la même veine. La partie gauche du visage est en relief, comprenant le front, la cavité de l’œil en découpe, l’arête du nez, la bouche également en découpe, la joue et le menton. Cette forme est disposée sur un deuxième plan au contour plus simple, dans laquelle les deux yeux sont indiqués par des entailles et la chevelure dessinée au moyen de rayures. L’ensemble est présenté sur une plaque où se trouvent la signature et la date. Ce bas relief est une œuvre très caractéristique de González, proche de celle intitulée Roberta au soleil I (IVAM, Valence), moins cubiste que d’autres qui lui sont contemporaines, plus expressive parce que moins abstraite, et d’une grande rareté. Elle a été exposée dans la rétrospective Julio González, organisée en 1983 par Margit Rowell au Guggenheim Museum de New York.

Julio Gonzalez, La femme au chapeau

Julio Gonzalez, La femme au chapeau

Une autre sculpture, “Femme au chapeau” est également proposée aux enchères le 30 mai prochain.


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