Kurt Schwitters, MERZ N°11 “TYPOREKLAME”, 1923


Kurt Schwitters est l’un des plus grands artistes du mouvement dadaïste, puis du constructivisme. Il était à Hanovre, ville qui est devenue grâce à lui l’une des capitales de l’art du XXème siècle entre 1918 et 1933. Beaucoup d’événements se sont passés à Hanovre dans les musées, les centres d’art, chez les industriels attirés par le progrès et l’innovation, dans l’administration, chez les artistes, les peintres, les sculpteurs, les architectes, les poètes, les écrivains, les amateurs d’art et les collectionneurs. Kurt Schwitters y avait son atelier, devenu le Merzbau, qui a été visité par Jean Arp, Theo Van Doesburg, László Moholy-Nagy, El Lissitzky, il y éditait sa revue, Merz, il était en contact avec tout le milieu artistique international, il était aussi grand poète et écrivain. Kurt Schwitters a exercé une influence considérable de son vivant comme créateur, comme chef de file, et après sa disparition en 1947 sur tous les artistes qui ont pratiqué l’art du collage, de l’assemblage, de la performance, de la poésie et de la littérature, au premier rang desquels on peut citer Robert Rauschenberg, Eduardo Paolozzi, Arman d’un côté, de l’autre Samuel Beckett.

Kurt Schwitters, Couverture de "TYPOREKLAME PELIKANNUMER", 1923

Kurt Schwitters, Couverture de "TYPOREKLAME PELIKANNUMER", 1923

Kurt Schwitters, dans la logique de ses idées, a été typographe. Il a voulu trouver des applications à son art notamment dans le domaine de l’imprimé : affiche, journal, réclame comme on disait alors s’agissant de la publicité. Il a créé des logotypes, mis en page des affiches, des dépliants, des revues dont la sienne, Merz, et quantités d’autres types de documents jusqu’à être chargé par la Ville de Hanovre de toute son image de marque, du papier à en-tête de la mairie et de ses services, au programme de l’opéra et à la publicité pour le tramway. D’où l’intérêt de ce numéro 11 de la revue Merz paru en 1923, consacré à la publicité : intitulé « Typo-Reklame », il présente le programme de l’artiste  consacré à la typographie avec le texte publié page 2 « Thesen über Typographie », donne différentes citations à l’appui de ces idées, notamment celles de Max Burchartz, peintre allemand expressionniste à ses débuts, passé par le « Stijl Kursus » de Theo Van Doesburg à Weimar et devenu l’un des principaux représentants du néoplasticisme dans ce pays. Kurt Schwitters donne en même temps des exemples concrets de mise en page avec celle de la page de titre, de la page 2 et de la quatrième de couverture consacrée à son agence de publicité Merz Werbezentrale et à sa propre revue Merz, avec des mentions pour les titres des autres publications d’avant-garde de l’époque, telles que L’Esprit Nouveau, De Stijl, G.

Kurt Schwitters, 4ème de couverture de TYPOREKLAME PELIKANNUMER, 1923

Kurt Schwitters, 4ème de couverture de TYPOREKLAME PELIKANNUMER, 1923

Les autres pages de ce numéro sont des superbes exemples de mise en page par Kurt Schwitters de publicité pour la firme d’articles de bureau de Hanovre Pelikan (encres, crayons, gommes, couleurs, rouleaux de machines à écrire…), où sont appliquées ses idées, à la fois constructivistes et en même temps très proches de l’art de Mondrian dans l’emploi des lignes horizontales et verticales, l’équilibre entre les éléments et le recours à la dissymétrie. Une magnifique création.

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