Félix Del Marle


Félix del Marle  (1889-1952) Cette œuvre exécutée à la gouache de 1948 est une composition abstraite d’un grand artiste français fier de son origine nordique, Félix Del Marle. Elle se remarque par sa précision de la forme, la clarté de sa composition, son utilisation des contrastes de façon affirmée et subtile, l’enchaînement de ses formes et un usage retenu des couleurs. Ses caractéristiques témoignent d’un art directement issu du mouvement De Stijl, associé à l’influence du Constructivisme. Félix Del Marle en effet vient de loin.
Né en 1889 à Pont-Sur-Sambre (Nord), il a été le premier et seul artiste français à faire partie dès 1913 du Futurisme, après avoir fait la connaissance à Paris d’Apollinaire, de Marinetti et de Severini, dont il va partager l’atelier. Après la guerre il découvre l’art de Kupka qui va le marquer durablement et se tourne en 1924 vers l’abstraction. Il découvre ensuite Piet Mondrian et se rallie en 1926 aux principes du Néoplasticisme. Del Marle sera le seul artiste français membre du Stijl, crée par Theo van Doesburg en 1918 et le correspondant de la revue du même nom.
Actif et entreprenant, Del Marle participe à la revue lilloise Vouloir, fondée en 1924, très engagée dans la promotion des valeurs nordiques. Il oriente bien vite son contenu vers les arts plastiques et en fait un organe de diffusion de l’art abstrait géométrique, qui publie en français des textes de Mondrian, fait connaitre les idéaux du Bauhaus où il s’est lui-même rendu en 1927 et se consacre à la synthèse des arts. En 1929, il cesse de peindre, se passionne pour l’aviation, connaît en 1930 une crise mystique qui le fait se convertir au catholicisme, tout en devenant très actif dans la franc-maçonnerie ! Cette situation le conduit à revenir à l’art figuratif. Il va alors se consacrer à la peinture de genre, aux scènes religieuses et à la décoration de lieux sacrés. Il évolue ensuite progressivement vers un surréalisme fantastique, dont témoigne son tableau de 1943 Synthèse de la forêt, conservé au Musée de Grenoble.
A la Libération, Del Marle tire un trait sur la période passée, renoue avec l’abstraction, reprend les fondements du Néo-classicisme en tenant compte des apports du Constructivisme, en particulier de l’art de Laszlo Moholy-Nagy, comme le montre bien cette gouache de 1948 au parti fondé sur la diagonale.
Del Marle participe activement à l’organisation et à l’animation du Salon des Réalités Nouvelles à Paris aux côtés d’Auguste Herbin, se préoccupe beaucoup de faire collaborer les arts entre eux en voulant associer la peinture et la sculpture à l’architecture : il réalisera par exemple la polychromie des Usines Renault construites à Flins par l’architecte Bernard Zehrfuss. Pour ces raisons il fonde en 1951 le groupe Espace comme une émanation du Salon des Réalités Nouvelles, où vont se retrouver les artistes, les architectes, les ensembliers, les urbanistes de tous les pays. Del Marle disparait en 1952, mais le groupe Espace lui survit, animé par André Bloc qui n’en conservera néanmoins pas tout à fait l’esprit.
Les idées de Félix Del Marle, son action, ses œuvres n’arrêtent pas d’être redécouvertes, commentées et appréciées aujourd’hui pour leur force et leur qualité, ce que montre la parfaite réussite de cette gouache de 1948. En 1996, le Musée Matisse au Cateau-Cambrésis lui a consacré une exposition rétrospective, ainsi qu’en 2000 le Musée de Grenoble une exposition de toutes ses œuvres conservées dans sa collection.

Vente Impressionniste & Moderne, le 18 octobre 2016

 


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