Bernar Venet


Viviane, souvenirs thioliers, 1964

Bernar Venet(1941)
Viviane, souvenirs thioliers, 1964

La collection de Jacques et Madeleine Matarasso a été constituée à Nice au fil du temps des rencontres qui se sont faites entre le couple et les jeunes artistes de la Côte d’Azur qui fréquentaient leur librairie où étaient organisées des expositions. On y trouve Arman, Martial Raysse, Claude Gilli, Albert Chubac, Jean-Claude Fahri, Ben, Paul-Armand Gette, c’est-à-dire tous les artistes qui constitueront ce qu’on appelle aujourd’hui l’ « Ecole de Nice », groupe composé plus de tempéraments individuels que témoignant d’une pensée commune, chacun doté d’une énergie rare et capable de créer le nouveau. Parmi ceux-ci, Bernar Venet, l’un des plus jeunes, né en 1941 et tout de suite différent : il ne s’intéresse pas au réel, il se détourne de l’objet, il ne travaille pas avec les mots, il néglige la forme, il n’utilise pas la matière, il n’a recours à aucune composition.

Les « Reliefs cartons » sont parmi ses premiers travaux, venant après ses peintures monochromes noires qu’il fabriquait au moyen du goudron : ces œuvres sont tout de suite radicales, arides, sans concession. Son matériau : le carton d’emballage de récupération. Sa technique : le pliage ; il plie et superpose les feuilles de carton puis les fixe sur un support de bois au moyen de vis apparentes. Sa façon : il peint le relief ainsi obtenu d’une seule couleur à la laque industrielle au moyen d’un pistolet compresseur de manière à éliminer toute trace manuelle.

C’est ce que propose Bernar Venet en 1964 à Jacques Matarasso qui l’invite à exposer dans sa librairie- galerie sur le conseil d’Arman. Sans rencontrer le moindre succès. Mais à l’occasion, Bernar Venet fait un échange avec Jacques Matarasso : le Carton relief jaune qu’il dédicace au dos à la fille de Jacques et Madeleine Matarasso : « Laure Souvenirs Magdaléniens ». Le Relief carton de couleur rouge est dédicacé à une amie de Bernar Venet «  Viviane Souvenirs Thioliers », qu’il a connue à la Villa Thiole, une école qu’ils ont fréquentée en 1958-1959.

Ces deux œuvres sont très caractéristiques de cet ensemble que Bernar Venet commence en 1963 et qu’il poursuivra au cours des deux années suivantes, tout en se livrant à d’autres explorations qui le conduiront à quitter la Côte d’Azur pour se rendre à New York et devenir l’un des créateurs de l’art conceptuel.

Laure, souvenirs Magdaleniens, 1964

Bernar Venet (1941)
Laure, souvenirs Magdaleniens, 1964

Le Relief carton au format horizontal est constitué de plusieurs épaisseurs variables, grossièrement pliées et assemblées, peintes d’une même couleur jaune de chrome. Son impeccable rendu est indispensable à la compréhension de l’œuvre et à son appréciation. À la moindre dégradation, au vieillissement naturel, Bernar Venet demande qu’on repeigne l’œuvre à l’identique pour qu’il la considère comme authentique. C’est ce qu’il a effectué pour ce Relief cartonà cette occasion, ainsi que pour l’autre œuvre, au format vertical et ici uniformément rouge. La matière ne compte pas, la facture est absente, la disposition des éléments importe peu, mais chacune de ces œuvres affirme avec force sa réelle présence.

 

Vente le 1er avril 2014
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