Table de Jean Prouvé


La table sur laquelle Jean Bossu travaillait dans le bureau de son agence rue Vavin à Paris au milieu des années 1950 était de Jean Prouvé ainsi que sa chaise. Le choix de Jean Bossu, ancien collaborateur de l’atelier de la rue de Sèvres, atteste une fois de plus du milieu existant autour de Le Corbusier au sein duquel Charlotte Perriand et Jean Prouvé ont occupé, avec Pierre Jeanneret, une place centrale. Cette table est un exemple très caractéristique du mode de conception et de l’esthétique du mobilier de Jean Prouvé (1901-1984), aujourd’hui considéré comme l’un des créateurs les plus novateurs du 20e siècle dans ce domaine. Haute de 73 cm, elle est constituée d’un plateau en chêne massif mesurant 1,90 m de long pour 0, 93 m de large. Il repose sur 4 pieds en chêne qui ont pour particularité d’être inclinés, de présenter un profil fuselé s’amincissant vers le haut et vers le bas et d’être réunis entre eux par une armature tubulaire en métal laqué noir, formant tirant. Cette entretoise se termine de part et d’autre en Y dont l’extrémité de chacune des branches est munie de pattes venant enserrer le pied qu’elles tiennent au moyen de vis. La partie supérieure du pied est fixée au revers du plateau par des équerres.

Cette table traduit bien les conceptions de Jean Prouvé dans le domaine du mobilier comme dans ceux de l’architecture et de la construction industrielle. Elle est faite d’éléments standardisés et produits en série, pour un assemblage et un transport faciles. Elle est solide, pratique, fonctionnelle et bon marché. Elle est aussi très bien proportionnée et élégamment dessinée : son piétement profilé et incliné assure à l’ensemble une certaine légèreté, alors que les meubles de Jean Prouvé sont généralement statiques et ne recherchent pas la transparence.

Livrée semble-t-il en 1941, cette table fait partie du programme de « mobilier d’urgence », conçu et mis et fabrication pendant la guerre par Jean Prouvé. Elle servira de modèle aux meubles de même type qu’il fabriquera ensuite en série. Elle est déjà parfaitement caractéristique, avec sa réelle présence, ses formes et ses matériaux, de son style qui participera à l’esthétique des années 1950 en France. Les meubles de Jean Prouvé ainsi que ceux de Charlotte Perriand représenteront alors une alternative aux créations de la firme Knoll, directement issues du Bauhaus mais toujours très onéreuses, ou à celles du mobilier scandinave qui commence à conquérir le monde.

Standardisation, recherche du meilleur rapport entre le matériau et la forme, préfabrication, production industrielle sont les préoccupations essentielles des grands créateurs de mobilier du 20e siècle, le plus souvent architectes et qui se nomment Gerrit Rietveld, Walter Gropius, Ludwig Mies van der Rohe, Alvar Aalto, Marcel Breuer, Mart Stam, Le Corbusier. Toutes les caractéristiques de leur production se trouvent cependant déjà exprimées au milieu du 19e siècle au cœur de l’empire austro-hongrois, à Vienne, par un ébéniste, inventeur et industriel autrichien du nom de Michael Thonet; en 1870, il met au point sa Chaise n°14 : fabriquée en série, en bois courbé et constituée de 6 éléments standardisés, 6 vis et 2 rondelles et un cannage ou plateau en bois contreplaqué, elle connaîtra un succès universel au point d’être toujours connue et reconnue aujourd’hui et utilisée.

 

Vente Design le 20 mai 2015

 



Un chef d’œuvre d’Étienne Béothy


Étienne Béothy (1897-1961) OPUS 29<br />Couple III, deux formes », 1928

Étienne Béothy (1897-1961) OPUS 29 « Couple III, deux formes », 1928

Avec sa position dans l’espace, ses formes pures et élancées ainsi que son matériau précieux en bois parfaitement poli, l’œuvre Couple III 2 formes, exécutée en 1928 par Étienne Béothy, est un magnifique témoignage de l’art de ce sculpteur abstrait, l’un des plus grands et des plus originaux de la première moitié du 20e siècle. Né en 1897 en Hongrie, il a fait ses études d’architecture puis de sculpture à Budapest. Après avoir parcouru l’Europe en 1924 et l’année suivante, il s’installe à la fin de 1925 à Paris qu’il ne quittera plus jusqu’à sa mort en 1961.
Ses premières œuvres montrent des créations déjà constituées dans les années 1920 de formes pleines, rondes et lisses, dont la recherche se poursuit à Paris, comme le montre en 1926 son groupe Le baiser, d’une véhémence toute rodinienne, mais avec des volumes qui sont ceux de Maillol. À partir de 1927, il évolue vers l’abstraction en synthétisant les volumes, en précisant les contours, en simplifiant les articulations, en accentuant les directions et donne son premier chef d’œuvre d’inspiration futuriste, intitulé Héros, Action directe. Ce n’est cependant pas la direction indiquée par Maillol qu’il choisit mais celle déjà tracée par Alexander Archipenko et Constantin Brancusi : elle va le conduire en 1928 aux sculptures intitulées L’homme supérieur, L’idole, Couple II, dans lesquelles il privilégie le parti de la verticalité tout en mettant l’accent sur l’ondulation de la forme.
C’est à cette date que se situe Couple III 2 formes, cette ronde bosse en bois d’acajou mesure 62 cm de hauteur. Elle est constituée de deux parties : une calotte irrégulière servant de socle, et sur le sommet de cette base, légèrement en avant du sommet le motif sculpté en forme de fuseau. Effilé à son extrémité inférieure, il s’évase progressivement pour finir dans sa partie supérieure, après un étranglement, par s’épanouir telle une corolle enveloppant un épi. La verticalité ainsi affirmée, les volumes se déploient par rapport à l’axe central. Il s’agit de la première sculpture en bois de Béothy, sa production précédente étant réalisée en plâtre, en terre ou en pierre : l’artiste privilégiera ce matériau en choisissant des essences précieuses, l’amarante, l’irocco, tout au long de sa carrière. L’acajou est ici poli pour ne laisser apparente aucune trace d’outil et offrir un épiderme absolument lisse à l’image de celui des sculptures de Constantin Brancusi et aussi de François Pompon. L’ensemble est fortement stylisé, les courbes accentuées, les formes simplifiées à l’extrême, qui s’enchaînent dans l’espace dans un même mouvement ondoyant et harmonieux, en contraste avec le volume bombé et aplati du socle. Il reste un titre, « Couple », qui fait allusion à ces deux éléments que l’on devine et qui ont fusionné, laissant encore apparaître un pli creux sur toute la hauteur du fuseau, tandis que le sommet est couronné d’une auréole, obtenue par la synthèse d’une tête et de deux bras qui enveloppent une autre tête à l’image d’un bourgeon. On pense aux motifs des tableaux de Giorgia O’ Keeffe et des photographies d’Imogen Cunningham que saura reprendre plus tard Robert Mapplethorpe.

Étienne Béothy (1897-1961) OPUS 29<br />« Couple III, deux formes », 1928

Étienne Béothy (1897-1961) OPUS 29 « Couple III, deux formes », 1928

L’analyse de l’œuvre ne fait ici qu’appauvrir sa force : elle ne rend pas compte de sa puissance évocatrice et de sa perfection formelle. Il s’agit bien de l’un des tout premiers chefs d’œuvre d’Étienne Béothy, exposé en 1930 à la Galerie de l’Effort moderne à Paris tenue par Léonce Rosenberg. Par la suite, Béothy élaborera ses sculptures rigoureusement abstraites, en calculant les rapports de leurs formes, en se référant au Nombre d’or et à la « divine proportion », ainsi qu’à sa propre théorie de l’évolution. En 1939, il publie à Paris le résultat de ses réflexions sous le titre explicite de La série d’or. Proche d’Auguste Herbin, Béothy a joué un grand rôle à Paris dans le milieu de l’art abstrait en participant aux activités de l’association Abstraction Création, puis en exposant au Salon des Réalités nouvelles et avec le Groupe Espace dans les années 1950. Il est avec Georges Vantongerloo l’un des pionniers du recours aux mathématiques dans le processus d’élaboration de la création artistique. Avec ses formes organiques et calculées, il est le grand sculpteur abstrait des années 1930 et l’un des maîtres de la poésie plastique. Cette sculpture en est un exemple parfaitement accompli.

Vente Art Déco, le 27 mai 2014



Pierre Chareau, Guéridon-Bibliothèque


Pierre ChareauUn meuble extraordinaire, dû à Pierre Chareau. Mais Pierre Chareau est surtout l’architecte d’un seul édifice, la Maison de verre, qu’il a construit entre 1928 et 1931 pour le Dr. Dalsace et son épouse rue Saint-Guillaume à Paris. Aidé de l’architecte Bernard Bijvoët qui fut un adepte dès la première heure du fonctionnalisme aux Pays-Bas, il a créé dans le cadre de cette commande qui comprenait une habitation et un cabinet médical, un bâtiment d’une audace inouïe, notamment en raison des contraintes de son insertion dans le site, où il a privilégié l’usage de la dalle de verre et les ossatures en acier apparentes.

Ces partis pris lui ont permis de livrer aussi bien des façades d’un radicalisme sans concession que de dégager des espaces intérieurs libres et modulables dans une esthétique inspirée de l’univers de la machine et par les doctrines du fonctionnalisme qui prévalaient en Europe dans les années 1920-1930. L’ouvrage, devenu une icône de l’architecture moderne a assuré la célébrité à son auteur a posteriori. Car Pierre Chareau a été connu de son vivant pour ses créations dans le domaine du mobilier et de la décoration intérieure. Ses meubles, ses luminaires, ses arrangements en ont fait l’un des maîtres de l’époque Arts déco, dans la continuité de la Sécession viennoise comme l’a été Robert Mallet-Stevens, mais davantage marqué par Adolf Loos que par Josef Hoffmann. De même que certains créateurs de cette époque, au premier rang desquels se trouve Eileen Gray, Pierre Chareau a su faire évoluer son style : il est passé du registre proprement décoratif où la recherche des profils élégants se conjugue avec le raffinement des matériaux, à la forme épurée, cubique, géométrique, plus ou moins dans le ton de l’esthétique générée par le fonctionnalisme.
10443306_vue-02_02C’est ce que montre à la perfection ce guéridon-bibliothèque en acajou et fer forgé réalisé par Pierre Chareau à la fin des années 1920. Il est composé de deux parties distinctes : une bibliothèque en bois de forme parallélépipédique reposant sur le sol, déployée en arc de cercle, dissymétrique et avec le casier supérieur constitué d’un important porte à faux; l’autre partie, un guéridon en bois à plateau circulaire reposant sur un piétement central en fer forgé, terminé par une grosse boule formant roulette, tenue par une double équerre. Le pied de cette table est réuni à la bibliothèque par un double bras monté sur une charnière fixée à une platine rectangulaire vissée en partie basse sur le montant latéral de la bibliothèque, permettant à cet élément d’être déplacé selon un trajet en arc de cercle.
Les meubles articulés ont été l’une des marques de son art : coiffeuse en deux parties mobiles, bureau avec élément pivotant, guéridon à plateaux en éventail. Ici l’ensemble est extraordinaire, né du rapport entre deux éléments distincts, la simplicité de leur forme, la perfection de leurs lignes et de leurs proportions qui se répondent rythmiquement, les contrastes opérés entre le meuble de rangement vertical, courbe et dissymétrique et le guéridon, horizontal, circulaire, accompagné de son piétement ouvragé, la place qu’ils occupent dans l’espace étant encore accentuée par la mobilité de l’un par rapport à l’autre. Meuble utilitaire, décor, sculpture, spectacle, parce que susceptible de déplacement dans l’espace et de changement dans sa configuration, chef d’œuvre d’exécution dans le choix des matériaux, l’acajou allié au fer forgé travaillé de façon artisanale.
Il s’agit d’une réalisation exemplaire de Pierre Chareau dont la provenance est parfaite, puisque ce meuble a été exécuté pour les appartements privés de Paul Bernheim qui était le propriétaire du Grand Hôtel de Tours que Pierre Chareau avait entièrement refait et décoré à sa demande. Paul Bernheim était le mari d’Hélène Bernheim qui a été un commanditaire de Pierre Chareau ainsi que le cousin d’Annie Bernheim devenue l’épouse du Docteur Dalsace. Une création sans équivalent, opérant une synthèse entre Arts déco, géométrie et fonctionnalisme, alliant la solidité de ses formes simples à la subtilité de leurs usages, réunissant l’équilibre et la mobilité, conjuguant l’évidence avec l’inattendu, parfaite traduction du génie de Pierre Chareau.

Vente le 28 mai 2013



François Pompon, L’Ours blanc (1927)


François Pompon, L'Ours Blanc, 1927
François Pompon, L’Ours Blanc, 1927

« L’Ours de Pompon », l’une des sculptures les plus fameuses du XXe siècle, connue par son sujet, et surtout par sa forme, simple, dense, fluide, lisse, alliant mouvement et stabilité, épure et justesse du rendu. L’Ours blanc, de François Pompon, on le voit au Musée d’Orsay comme dans le square Darcy à Dijon, dans les nombreuses répliques en marbre, en pierre, en bronze et tous les succédanés en céramique blanche que cette composition a suscités à l’époque et tard dans le siècle.

L'ours Blanc, 1927 (détail)
L’ours Blanc, 1927 (détail)

François Pompon a été un sculpteur animalier comme Antoine-Louis Barye, avant lui, comme Ewald Mataré à son époque. Son sujet est l’animal dans toutes ses positions, mais plutôt au repos, support de son travail sur la stylisation des volumes et la simplification du dessin pour arriver à une forme essentielle. La démarche de François Pompon n’est pas loin de celle que suivra plus tard Constantin Brancusi et il y a plus d’un point commun entre L’Ours de l’un et Le Phoque de l’autre : avec leur sens de la simplification, avec leur goût pour la synthèse, ce qui domine est bien leur aspect lisse, poli. La sculpture L’Ours blanc, ici dans sa version en marbre, est faite de volumes polis, parfaitement dessinés, qui s’enchaînent et sur lesquels vient glisser la lumière. L’Ours blanc est le chef d’œuvre de l’artiste qui devant le succès en a multiplié les exemplaires : celui-ci, en marbre, est autographe et de la plus belle provenance, puisqu’il a été exécuté pour être offert à l’architecte François Le Cœur ( 1872-1934), l’un des grands bâtisseurs du premier quart du XXe siècle, notamment à Paris, où il est l’auteur de bâtiments remarquables pour les centraux téléphoniques. François Le Coeur admirait particulièrement Pompon.

L’ours Blanc de François Pompon (lot 25) sera vendu le 21 novembre prochain dans la vente d’Art Deco. (catalogue complet à consulter ici)


Chandigarh project II - Le Corbusier et Pierre Jeanneret


Chandigarh : un nom qui évoque tout de suite l’architecture moderne pour les spécialistes comme pour le public et qui a tout de l’épopée par son ampleur, sa durée, le pays où elle s’est déroulée et le prestige de ses protagonistes. Chandigarh est en effet cette ville construite aux Indes par Le Corbusier au début de la deuxième moitié du XXe siècle qui a été l’un des grands chantiers de l’architecture contemporaine avec l’édification, à la même époque, de la nouvelle capitale du Brésil, Brasilia, par Lucio Costa et Oscar Niemeyer. Chandigarh est la capitale de L’Etat du Pendjab, fondée en 1947 et pour laquelle le chef du gouvernement indien, le Pandit Nehru, fit lui-même appel en 1951 à Le Corbusier pour sa construction. Cette commande est intervenue à un moment très particulier de la carrière de Le Corbusier, alors qu’il n’avait été sollicité par aucune autorité pour s’occuper, après la deuxième guerre mondiale, des chantiers de la reconstruction en France et qu’il venait d’être écarté du projet de construction du siège de l’ONU à New York.

Maquette de la "Tour des Ombres"la "Tour des Ombres", Chandigarh

Le Corbusier va pleinement s’impliquer en Inde en signant le plan d’urbanisme de Chandigarh et les principaux bâtiments officiels entre 1951 et 1964 et en intervenant dans une autre ville du Pendjab, Ahmedabad, où il réalise plusieurs édifices très importants, le siège de l’Assocation des filateurs, l’un de ses chefs d’oeuvre, deux habitations particulières exceptionnelles, la maison Sarrabhai et la villa Shodan ainsi que le musée municipal. Mais Chandigarh sera son grand oeuvre, parce que, partant de rien, il a voulu tout créer dans une même vision unificatrice, mettant en rapport quartiers et édifices entre eux dans le schéma d’urbanisme où il applique sa règle des « 7 V » destinée à organiser les différents modes de circulation. Il collabore avec plusieurs architectes, dont son cousin Pierre Jeanneret, avec qui il s’associe de nouveau pour l’occasion, ainsi que des architectes indiens et de nombreux praticiens et exécutants comme Giani Rattan Singh. Il réalise lui-même les quatre grands édifices officiels sur la place du Capitole : le Palais de l’Assemblée, le Palais de justice  (Haute-Cour), le Secrétariat avec ses 250m de longueur et le Palais du Gouverneur, plus quelques autres bâtiments symboliques, comme la Tour des ombres, ou encore le Monument à la main ouverte.

"La main", matrice en teck pour l'impression du Béton, 1956

Avec ce gigantesque programme, il apporte la preuve de sa maîtrise des formes quand il s’exprime à l’échelle monumentale sans tomber dans l’emphase. Il confirme son exceptionnelle faculté à créer des espaces en pleine harmonie et montre sa parfaite assurance dans la conduite de la lumière à l’extérieur comme à l’intérieur des édifices. Il compte parmi ses chefs d’oeuvre avec ceux qu’il construit en France et aux Etats Unis: la chapelle de Ronchamp, le couvent de la Tourette à Eveux près de Lyon, le Carpenter Center for the Visual Arts à Boston , mais plus encore parce qu’ils sont mis en rapport dans un plan d’ensemble et qu’ils se trouvent en correspondance.

 Le Corbusier, détail d'un plan de bâtiment de Chandigarh

Le Corbusier sait affirmer le principal sans négliger le secondaire : tout est vu , tout est appréhendé, tout est dessiné. C’est ce que montrent les éléments qui font partie de cette vente, des bornes d’éclairage en béton aux plaques de regard de canalisation en fonte où se trouve représenté en relief le plan de Chandigarh. On trouve également utilisé son répertoire de formes, dans lequel figure le réverbère d’intérieur qu’il a disposé auparavant dans la Cité radieusede Marseille. On voit comment et avec quel soin du détail, grâce à ses cartons, il a dessiné la suite des tapisseries pour le Palais de justice. On découvre enfin comment sont faits les empreintes en creux et les graffitis dont il a parsemé ses édifices avec les moules et les matrices en bois sculpté qui ont servi à imprimer ces signes et ces images dans le béton frais. Ils ont été exécutés d’après les dessins de Le Corbusier par Giani Rattan Singh, qui avait le même rôle là-bas que Joseph Savina ici.

 

De nombreux meubles et objets de Pierre Jeanneret, qui ont été créés pour différents lieux de la ville nouvelle, comme cette table avec luminaire provenant de la bibliothèque de l’université du Pendjab, montrent l’attention portée par ces architectes au moindre détail dans l’unité du style et avec toute la sobriété qui le caractérise. Chandigarh est vraiment le témoignage de l’expression d’un idéal incarné dans la vie.

 

Vente Chandigarh Project II - Le Corbusier, Pierre Jeanneret

Mardi 16 février 2009 à 20h



Paravent de Gaston Suisse


Lot 38, Art déco, Vente le 3 juin 2009

Gaston Suisse Paravent

Gaston Suisse, paravent

Un objet exceptionnel par son matériau et sa perfection technique. La laque de Chine noire qui sert de fond et l’argenté  brillant des lignes qui dessinent les formes composent un décor abstrait bien caractéristique de l’« Art Déco » ; ce style se trouve aussi dans les ferronneries  et les vitraux de l’époque. L’image composée est celle d’un vue de ville moderne, la nuit, avec des silhouettes de gratte-ciel scintillants, comme on en voit dans les dessins de Hugh Ferris et de Louis Lozowick aux Etats-Unis ou encore dans les décors du film Metropolis de Fritz Lang. L’auteur, Gaston Suisse, qui a réalisé d’autres paravents,  cette catégorie de  meuble ayant été particulièrement prisée à cette époque, songeons à Eileen Gray ou à Jean Dunand, est plutôt connu pour ses compositions animalières et florales. Ici, il a réalisé un chef d’œuvre du genre.

Consulter le catalogue >>